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Mozaikrim

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Abou Harouna Deh, directeur de l'hôpital de Sélibabi : «Nos patients n'ont plus besoin d'aller jusqu'à Nouakchott pour une radio»

Abou Harouna Deh, directeur de l'hôpital de Sélibabi : «Nos patients n'ont plus besoin d'aller jusqu'à Nouakchott pour une radio»

Abou Harouna Deh, directeur de l'hôpital de Sélibabi. Crédit : Mozaikrim/Mamoudou Lamine Kane
Abou Harouna Deh, directeur de l'hôpital de Sélibabi. Crédit : Mozaikrim/Mamoudou Lamine Kane

Rencontre avec le directeur de l'hôpital de Sélibabi, sous lequel, l'hôpital a de l'avis de tous les acteurs locaux, franchi un cap majeur depuis quelques mois, dans le service des soins aux habitants du Guidimakha.

Propos recueillis par MLK

Quels sont les principaux changements intervenus à l'hôpital flambant neuf de Sélibabi ?

Nous sommes passés du statut d'hôpital régional à celui de centre hospitalier. Cela s'est traduit par un appui financier plus important de la part de notre ministère de tutelle, qui nous a permis de mieux former et motiver notre personnel, de mieux nous équiper. Par exemple, nos patients n'ont plus besoin d'aller jusqu'à Nouakchott pour une radio. Une radiologie toute neuve est à notre disposition, en plus de 2 chirurgiens, 2 gynécologues, et même un service de dialyse.

Une extension est en cours, avec l'aide d'UNICEF. Mais quelques aménagements et ajouts demeurent importants : l'incinérateur est à reconstruire, un bloc opératoire à la maternité est nécessaire, ainsi qu'une morgue, et il faudra à un moment aménager l'avenue jouxtant la façade de l'hôpital, pour une meilleure accessibilité des patients.

Comment percevez-vous l'évolution de la malnutrition infantile, de votre centre hospitalier ?

La malnutrition infantile est une maladie chronique dans la région. La sensibilisation de masse effectuée par ACF-E a fourni une meilleure carte de cette maladie au Guidimakha, avec des protocoles de dépistage qui ont permis de repérer plus facilement les cas d'enfants malnutris. Et surtout, son action assure un taux de guérison de quasiment 100%, même s'il faut noter des cas d'abandons et de rechutes, mais ça reste une progression très encourageante, à féliciter même ! Car tout de même, nous n'avons plus depuis quelques temps, de décès liés à la malnutrition infantile.

Action contre la Faim -Espagne fait beaucoup parler d'elle dans la région, en termes d'aides efficiente. Avez-vous une relation particulière avec cette ONG internationale?

ACF-E est notre partenaire le plus important de la région. Il disponibilise aujourd'hui le matériel technique (achats de bureautique, matériel médical, de surpresseurs pour une meilleure arrivée d'eau...) et les compétences humaines (des formations ont été dispensées au personnel sur la malnutrition infantile) au niveau du CRENI de l'hôpital. Mais c'est également un accompagnant efficace des enfants malades et leurs mamans. Leur appui nutritif, et psycho-social aussi, a permis de réduire considérablement l'angoisse d'être dans le milieu hospitalier. Médicalement c'est important. Au-delà de la question de santé, c'est le partenaire principal du Guidimakha.