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Mozaikrim

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Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon

Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon

Un véritable hommage d'Isabel Fiadeiro à la Médina 3, en une image.
Un véritable hommage d'Isabel Fiadeiro à la Médina 3, en une image.

C'est une exposition atypique qui est présentée à l'IFM ce mardi 14 novembre : quatre carnettistes, Lapin, Isabel Fiadeiro, Oumar Ball et José Legarra, montrent des scènes de vie, de leurs voyages, croquées et expliquées. Un reportage par page, éventuellement par image, à découvrir jusqu'au 5 novembre.

«Je hais les voyages» commençait, comme une sentence, Levi-Strauss dans «Tristes tropiques», son livre qui vulgarisait l'ethnologie, et qui révélait ses talents de narrateur. Il haïssait dans leur prolongement, les livres qui en résultaient, les croquis aussi parfois qui en étaient dessinés. Des mots, et des dessins de «frissons» de «sensations», et non de «découverte», «d'apprentissage». Les ancêtres des carnettistes, pourrait-on dire.

Mais tous ne sont pas à mettre dans le même sac : certains d'entre eux sont plus à classer comme journalistes, «des gens qui se responsabilisent avec un crayon et des couleurs» souffle Lapin, un des quatre carnettistes exposés à partir de ce mardi 14 octobre, à l'Institut Français de Mauritanie, à Nouakchott.

«Dessiner c'est savoir regarder, se fondre dans le paysage, s'imbiber de l'endroit où on est, mais aussi aller à la rencontre des gens, d'ici et d'ailleurs» présente le directeur de l'IFM, Jany Bourdais, dans son discours d'ouverture du vernissage. Une posture que Lapin fait sienne avec force.

Dessin de Lapin
Dessin de Lapin

«J'ai beaucoup voyagé pour mes carnets. En ce sens, je me sens proche des écrivains-voyageurs; plus d'eux que des aquarellistes ou des peintres. La narration, le témoignage, rendus dans le dessin sont plus importants que le dessin lui-même; les histoires doivent être racontées, tout en rendant compte de la bande-son, de bribes de conversations etc...» continue le jeune dessinateur français, vivant à barcelone, et qui vient de sortir un recueil de dessins, véritable reportage-dessins sur les conditions de vie à Cuba.

La comparaison à Nicolas Bouvier grand journaliste-reporter-écrivain-carnettiste-photographe et voyageur devant l’Éternel, effleure l'esprit...

Carnettiste depuis quatre ans, Oumar Ball opine à côté : «Je n'ai pas le même investissement moral sur le monde, selon que je vais peindre un tableau ou croquer une scène quotidienne. Je suis moins comprimé en dessinant. Je relaie juste ce dont je suis témoin sur mon carnet; rien ne vient de mes pensées. Contrairement à la peinture, qui est une expression des méandres de soi» explique le jeune peintre-carnettiste, qui «par paresse», a surtout croqué jusqu'à aujourd'hui que les «alentours de son quartier» près de Basra.

Lapin croquuant l'ouverture de l'exposition à l'IFM. Crédit : MLK
Lapin croquuant l'ouverture de l'exposition à l'IFM. Crédit : MLK

Dans le sillage d'urban sketchers

"We show the world, one drawing at a time" (Nous montrons le monde, un dessin à la fois), est le leitmotiv du collectif mondial de carnettistes, Urban Sketchers, dont trois des quatre artistes présentés (Isabel, Oumar, Lapin) font partie, et qu’ils ont fait leur. «Le fondateur de ce collectif était journaliste. On retrouve donc cette volonté de décrire le monde, d'aider les gens à l'appréhender, par bribes ne fusse» estime Isabel Fiadeiro, qui vit en Mauritanie depuis huit ans, et qui a rendu compte avec le regard du reporter des conditions de vie des saharaouies par exemple :

«Les mauritaniennes et les sahraouies par exemple, ont le même fond culturel, les mêmes contes, les mêmes chants, la même langue. Pourtant à Tindouf, où j’ai passé du temps, dans chaque camp de réfugiés, les femmes portent un sombre poids sur leur vie. Comme par empathie, ça me minait aussi. Elles ont quitté leur pays dans d’horribles conditions, et les nouvelles générations sont toujours dans une situation d’attente. En Mauritanie, mes pérégrinations dans les villages intérieurs me donnaient par contre une énergie positive.» racontait-elle il y a deux ans dans le portrait que Noorinfo en faisait.

José Legarra, le quatrième artiste, qui n'était pas présent lors du vernissage de l'exposition, est architecte, et résident en Mauritanie depuis 2002. "Il a travaillé dans le domaine du graphisme tout au long de sa carrière. Actuellement, la série de croquis de Nouakchott initiés il y a deux ans, montre la recherche de l’âme d’une ville en apparence déshumanisée" affirme dans son discours introductif le directeur de l'IFM.

Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon
Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon
Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon
Carnettistes de voyages : Le monde expliqué du bout du crayon
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