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Mozaikrim

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Saleh Lô, artiste-peintre : "Le métissage est l'avenir de la Mauritanie"

Saleh Lô, artiste-peintre : "Le métissage est l'avenir de la Mauritanie"

Saleh Lô. Crédit : MLK
Saleh Lô. Crédit : MLK

Saleh à été découvert par le public lors de son exposition 'les Talibés' en mai 2013; exposition où il à confronté notre regard avec ceux graves et naïfs des enfants de la rue. Pour son second projet, c'est au métissage que Saleh (lui-même métis) veut nous confronter. Il peint ses amis issus de mariages intracommunautaires et rêve haut d'une Mauritanie future où les différents groupes vivraient en harmonie.

"Je suis métis, de père wolof et de mère mauresque. J'ai toujours voulu peindre le métissage, car c'est l'avenir de ce pays. Je ne parle pas que de métissage physique, mais également de mixité des cultures, de langues et de tradition" affirme Saleh Lô, à la galerie Zeinart, où il est exposé durant un mois à partir du 3 octobre.

"Avec cette série de portraits, je veux mettre en valeur celles et ceux comme moi, issus de mariages inter-communautaires, qui ont grandi dans une société qui les regarde de travers. Mais je ne peux pas ne pas croire en un monde où les esprits seraient plus ouverts à l'Autre" continue-t-il. "Métissages" propose des peintures de ses amis, ses parents, qui assument leur métissage, sans complexe, et fiers de leurs origines multiples.

Comme précédemment, avec son projet sur les Talibés, Saleh pose un regard empli d'empathie sur les siens, et même sur ceux qu'il ne connaît. Du coup, malgré cette fraîcheur, on ressent quand même dans les portraits par moment altérés volontairement, un stéréotype, une redondance dans la manière de poser le sujet.

"Saleh ne travaille réellement son talent que depuis deux ans" dit à côté Isabel Fiadeiro, directrice de la galerie.

Auto-portrait
Auto-portrait

Autodidacte hyperréaliste

S'il en est au tout début de sa carrière d'artiste, et qu'un gros grain de folie, de risque, manque encore à ses oeuvres encourageantes, ce court parcours touche, sachant qu'il s'est forgé techniquement tout seul, "passionné, et en allant sur internet" raconte-t-il amusé.

"Saleh est attiré par l'hyperréalisme. Sa façon de peindre attire notre regard sur la matière même de la peinture. Il s'approprie une technique d'effacement du travail réaliste, et de mise en valeur de la peinture par l'abstraction" analyse Isabel Fiadeiro, qui a pris l'artiste sous son aile de mentor, comme tant d'autres artistes locaux avant lui.

La peinture est un engagement total chez Saleh, qui va bien au-delà du simple travail artistique. "Je ne peux pas commencer un travail sur les talibés, et passer à côté de leurs souffrances. Ça n'aurait aucun sens. Avec mes petits moyens, je donne des cours de dessins et de peinture à 18 d'entre eux depuis deux ans, chez moi, deux fois par semaines. Ça leur ouvre des perspectives éventuellement, et ce sont pour eux d'importants ilôts de paix, où ils redeviennent de véritables enfants, qui peuvent peindre leurs rêves" dit le jeune homme de 30 ans.

Alizé, la fille d'une amie.

Alizé, la fille d'une amie.

Mawa, une amie.

Mawa, une amie.

Eya, sa soeur.

Eya, sa soeur.

Seydou, un ami.

Seydou, un ami.

Hanane, une amie.

Hanane, une amie.

Mohamed Salem, un ami.

Mohamed Salem, un ami.

Rokaya, une amie

Rokaya, une amie

Sidina, un ami.

Sidina, un ami.

Ahmed, un des enfants de 5ème à qui Saleh procure des cours de dessin.

Ahmed, un des enfants de 5ème à qui Saleh procure des cours de dessin.

Alice, la grande soeur d'Alizé.

Alice, la grande soeur d'Alizé.

Mohamed.

Mohamed.