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Mozaikrim

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Ebola / ACF : Une prévention et une sensibilisation applaudies à Gouraye

Ebola / ACF : Une prévention et une sensibilisation applaudies à Gouraye

Bakel, la ville sénégalaise faisant face à Gouraye. Crédit : MLK
Bakel, la ville sénégalaise faisant face à Gouraye. Crédit : MLK

Au Guidimakha, avec une coordination entre la DRAS et le Waly, ACF-E a réagi à l'apparition d'Ebola au Mali, en menant une intense campagne de sensibilisation auprès de la population, et de prévention, en inculquant des réflexes d'hygiène. A Gouraye, à la frontière sénégalaise, ces mécanismes sont applaudis par les populations, et les autorités sanitaires.

Dès l'apparition du premier cas d'Ebola au Mali, à Kayes plus précisément, Action Contre la Faim-Espagne a mis en branle un mécanisme de prévention et de sensibilisation dans la plupart des villages et postes de santé proches des frontières malienne et sénégalaise. "La sensibilisation a commencé depuis le premier cas déclaré au Mali. Mais avant cela, nous avions rencontré le DRAS sur la gestion de l'épidémie, particulièrement sur le volet de la prévention. Au cours de cette réunion, acte a été pris pour la sensibilisation des localités, notamment celles proches de la frontière malienne" explique Oumar Demba Diallo, responsable du volet NUT à Sélibaby.

Ainsi tout le personnel d'ACF a été formé sur les précautions à prendre contre Ebola. "Avec l'éruption de plus en plus de cas au Mali, on a déployé tous les animateurs dans les villages frontaliers au Mali, avec quinze postes frontaliers de santé, qui ont été pourvus de kits de prévention" continue le responsable de projet.

Ces kits comprennent, par poste, un fût de 200 litres, disposé à l'entrée du poste, contenant de l'eau javellisée, et par lequel passe tout entrant pour se laver les mains. "Il y a également des PEDILIV, plaques d'eau javellisée pour désinfecter les pieds; chaque poste reçoit aussi 1200 paires de gants, 300 masques faciaux, une solution chlorée, et 28 savons. Ensuite, sur les quinze postes, onze ont reçu des pulvérisateurs pour les cas suspects ou confirmés d'Ebola" énumère Diallo.

Le cas de Gouraye

Lieu d'intenses échanges, avec entre autres la ville historique de Bakel, située en face, de l'autre côté du fleuve, Gouraye, à 45 kilomètres au sud-ouest de Sélibaby, a bénéficié d'une attention particulière. "La population de Gouraye a été sensibilisée dès le départ, intensément par ACF, qui fait ici un travail remarquable, avec l'aide mobilisée de ses agents d'animation, et de leurs relais communautaires" observe Alassane Yero Sall, infirmier, et chef du poste de santé de Gouraye.

L'un de ces relais à Gouraye, Abda Wone, archiviste à la mairie, applaudit la sensibilisation menée dans la commune de Gouraye, qui compte près de 30.000 habitants, et la prévention active en cours. "ACF n'a pas attendu de financements pour déployer ces efforts, dans ce cas d'extrême urgence sanitaire. Ici, on entend parler de financements à Nouakchott, mais sur le terrain, depuis des semaines que les premiers cas maliens se sont déclarés, on ne voit rien concrètement" dit Abda Wone.

"Comme vous le voyez, le poste-frontière de Gouraye est très important pour le Guidimakha. C'est une zone d'échanges intenses. Et comprenant cela, ACF a immédiatement mis à notre disposition tout le matériel de prévention nécessaire, dès la première alerte malienne" continue l'infirmier.

Au poste de douane, juste en face du fleuve, une pièce a été aménagée en zone sanitaire. "Mais vous voyez : il manque au moins un lit et une potence, pour les arrivants suspects, qu'on doit isoler, ou même pour tout arrivant malade" présente Aicha Mint Mohamed, infirmière au poste de douane.

Un personnel médical à motiver

L'équipement à fournir est dans la bouche de tout le personnel médical de Gouraye, pour "parer au pire". "On ne peut pas être à la frontière, et ne pas avoir les moyens d'une politique de prévention. Nous n'avons pas ces moyens avec les autorités publiques. C'est dommage que ce soit tout le temps, et à chaque fois dans ces régions, que ce soit les ONG qui se substituent totalement à l'état, alors qu'ils devraient être là en support" tance A, un douanier du poste-frontière de Gouraye.

Du coup les infirmiers ne sont pas motivés, d'autant qu'on annonce depuis des mois, des fonds levés pour la Mauritanie dans la prévention contre Ebola, "mais rien sur le terrain" déplore l'infirmière Aicha Mint Mohamed.