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Mozaikrim

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Djeinaba Diallo, cheffe de base à Kaédi d'ACF-E : «Dans le Gorgol, le bilan d'ACF-E est globalement positif»

Djeinaba Diallo, cheffe de base à Kaédi d'ACF-E : «Dans le Gorgol, le bilan d'ACF-E est globalement positif»

Djeinaba Diallo. Crédit : MLK
Djeinaba Diallo. Crédit : MLK

Au Gorgol, tous les projets d'ACF-E sont arrivés à leur terme. L'occasion de faire un bilan et voir les perspectives présentées par les actions de la base de Kaédi. Entretien avec Djeinaba Diallo.

Dans quel contexte s'est créée cette première base d'ACF-E en Mauritanie ?

Cette base a été créée en 2007, coïncidant avec les premières crises post-sécheresse, et le classement de la région dans le triangle de pauvreté (Gorgol, Guidimakha et Assaba) au niveau national. La région du Gorgol a été comprise à cette époque dans le programme régional de lutte contre la pauvreté, considérant que de grosses poches de pauvreté s'y logeaient. Des interventions dans les domaines alimentaire et nutritionnel étaient cruciales. Ça a justifié la décision d'ACF-E d'y établir sa première base-pilote en Mauritanie.

Combien de communes y couvrez-vous ?

Nous avons couvert jusqu'ici sept communes dans le Gorgol, dans trois départments (Monguel, Mbout, Kaedi) avec un programme de développment sur six communes financé par l’AECID pour 1895 ménages en activités, d’appui aux systemes de production agropastoral, eau et hygiène/assainissement, sensibilisation nutritionnelle, et trois programmes d’urgence financé respectivement par le Royaume-Uni (DFID), l’Ambassade de France (SCAC) et ECHO. Au total, pour repondre à la soudure de 2012, plus de 8800 ménages ont reçu une aide en cash couplée à des séances éducatives sur les causes de la malnutrition et l’hygiène de l’eau.

Quel impact enregistrez-vous à la fin de ces programmes, sept ans après l'ouverture de la base? Combien de personnes touchées, quel bilan?

Avec le CONVENIO et les programmes de réponse aux urgences de 2012, on a à notre actif, un total de 9600 bénéficaires directemment touchés par nos différents programmes.

Quelle part ont les projets de développement dans ces actions?

Le CONVENIO couvre totalement des actions de développement. La vision derrière est de mettre en place des actions qui répondent à des besoins communautaires de relèvement. Ce sont des populations qui ont connu des crises répétitives, et qui ont besoin d'assistance sur le long terme, pour améliorer leur résilience à encaisser d'éventuels chocs exogènes à venir.

En collaboration avec les services techniques, donc naturellement le ministère de l'agriculture et de l'élevage, et le centre agronomique, pour la pérénisation des actions mais aussi mettre à profit leur expertise technique sur les variétés de semences pouvant être mises en place, et qui répondraient à un besoin d'avoir des cycles courts. Il s'agit donc d'avoir des récoltes rapides, et de répondre de façon pérenne aux besoins des ménages qui vivent exclusivement de l'agriculture.

Pour le volet de l'élevage, nous avons mis en place des projets-pilotes d'appuis aux éleveurs, par rapport au fourrage, d'appuis en aliments de bétail, d'appuis à la campagne de vaccination de bétail, tout en gardant à l'esprit l'importance d'avoir un suivi permettant de mesurer l’impact sur la production pour pouvoir plus tard dupliquer les tests sur d'autres villages. Au niveau des coopératives, tout un paquet d’accompagnemnt a été mis en place : sécurisation des périmètres des coopératives, appuis en formation technique, en gestion et organisation, ainsi qu'à la commercialisation des produits, et au suivi de ces coopératives, du point de référence, au départ, à la période finale du projet CONVENIO, qui vient de se clôturer.

Un atelier de restitution a été récemment organisé avec tous les acteurs au développement de la région, avec la question centrale de savoir ce que le CONVENIO a apporté aux populations locales, et les dysfonctionnements éventuels à éviter dans des projets futurs. Dans l'ensemble, le bilan est très positif : beaucoup de ces communautés sont parties de rien, et aujourd'hui ont acquis une technicité pour développer d'elles-mêmes des activités liées à leur résilience, sans appui extérieur.

Quid du RONG (réseau des ONG du Gorgol) ?

Notre partenariat avec le RONG va dans le sens d'un renforcement de capacités des acteurs locaux. ACF est un organisme international, qui fait des appuis à la résilience des communautés, et est donc naturellement appelée à se retirer un jour. L'idée est de préparer la relève, au-delà de la collaboration avec les services techniques, qu'on appuie.

Il est important pour la région d'avoir un appui technique local, au niveau des ONG notamment, qui ont les compétences de mettre en oeuvre, et développer correctement un programme d'urgence ou de développement. On essaie aujourd'hui de transférer progressivement tout ce qui est activités de terrain, liées à la collecte d'informations, de suivis, et d'enquêtes.

Quelle perspective pour ACF-E dans le Gorgol ?

Après sept années d'exercice au Gorgol, ACF-E a acquis une expertise dans la connaissance de la région, et la maîtrise des activités que nous avons eu à dérouler jusqu'à présent. Il y a toujours cette problématique récurrente qu'est le déficit pluviométrique. Nous sommes entrain d'aller vers une réflexion sur la mise en place d'un plan de contingence au niveau de la région, avec les autres acteurs. C'est littéralement de la cartographie des différentes diffucltués auxquelles la région est confrontée de façon récurrente, que l'on parle.

Dans le but d'avoir déjà des réponses préparées. On a eu l'inondation de M'Bout cette année. Tout le monde a tenté d'y répondre, un plan de contingence en amont préparé, la réponse à ce genre d'urgence, serait automatique et efficace. Avec l'ensemble des intervenants présents au Gorgol, on devrait pouvoir inverser, sinon éradiquer la malnutrition endémique qui persiste au Gorgol, faire baisser de manière drastique l'insécurité alimentaire. En ce sens, au niveau d'ACF-E, on prévoit un plan local, en coordination avec les autorités et les services technique où communautés se retrouvent, et exécutée avec elles.