Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Mozaikrim

Mozaikrim

Menu
Gaïssiry Sy : A Kininkoum, le retour aux sources d’une Miss

Gaïssiry Sy : A Kininkoum, le retour aux sources d’une Miss

Gaïssiry Sy. Crédit :
Gaïssiry Sy. Crédit :

Miss Mauritanie France en 2015, Gaïssiry Sy met depuis quelques mois son dynamisme et sa « petite notoriété francilienne » au service d’un premier projet de développement dans la localité de Kinikou au Guidimakha. Rencontre avec une charmante femme, qui a oublié d’être idiote.

Joviale, joufflue, jolie, Gaïssiry Sy a été élue au printemps 2015, Miss Mauritanie en France. Une consécration ? « Non, pas du tout, juste une petite curiosité assouvie » récuse-t-elle en riant doucement. « J’avais déjà participé à Miss Peul Diaspora en 2013, inscrite presque de force par une amie ; j’ai cédé par curiosité, puis ai fini 1ère dauphine » dit-elle timidement, en contemplant la surface de son verre.

Une expérience qui lui donne plus d’assurance, une « meilleure sociabilité », et une « petite notoriété » qu’elle se demande aussitôt comment exploiter, au niveau de la Mauritanie, qu’elle « connaît de loin », après tout de même plusieurs séjours. A travers des rencontres et discussions, avec la diaspora, et une association des jeunes du Guidimakha, elle décide de consacrer ses efforts à un projet d’aide à la construction d’un poulailler pour la coopérative des femmes du village de Kininkoumou, à 20 kilomètres de Sélibabi.

« J’avais moi-même depuis deux ans, un projet pour les femmes de mon village, à travers mon association Rim Action. Je me suis ensuite inscrite à Miss Mauritanie pour pouvoir le mettre en place et avoir la visibilité nécessaire. Quand on m’a évoqué un projet similaire, je me suis laissée happer en me disant que l’essentiel était d’abord de se lancer et de contribuer concrètement, chacun avec ses moyens » développe la jeune femme de 24 ans.

Au centre, Gaïssiry avec des jeunes de Kininkoum.
Au centre, Gaïssiry avec des jeunes de Kininkoum.

Après un Bac Littéraire obtenu en 2009, et une licence en administration et échanges internationaux, elle trouve un travail à la Sorbonne, comme coordinatrice au recrutement, qui la mène depuis deux ans, à gérer la paie aux ressources humaines de la prestigieuse université française.

Originaire de Woloum et Kaédi, Gaïssiry est la deuxième d’une famille de trois sœurs. En Mauritanie au mois d’août 2015 pour le lancement du projet de poulailler à Kininkoum, Gaïssiry espère à court terme la redynamisation de l’économie locale du village. « Mais le plus important, à long terme, on espère un éveil de vocations des jeunes ; clairement, un impact social est attendu ! » espère la jeune femme.

Un espoir d’autant plus ferme, qu’il est placé dans les mains des femmes du village. « J’ai grandi quasi-exclusivement avec des femmes fortes, qui se sont accomplies dans leurs vies, et surtout qui ont tiré leur entourage vers le haut » argumente Gaïssiry, pour justifier le fait d’avoir en premier lieu choisi une coopérative de femmes. « Techniquement, pour la construction du poulailler par exemple, on fait appel à la jeunesse du village ; en quelque sorte, elle aussi, on la met au cœur du projet » dit-elle.

Une vraie et concrète initiative d’une des jeunesses mauritaniennes, avec Gaïssiry comme égérie participative, qui ouvre d’autres chemins de traverse, parmi d’autres encore à explorer.