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Mozaikrim

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Hodhs: Le cocon inédit d’une néonatologie de Médecins Sans Frontières

Hodhs: Le cocon inédit d’une néonatologie de Médecins Sans Frontières

Un nouveau-né pris en charge dans le poste de néo-natologie. Crédit : Mozaikrim / MLK
Un nouveau-né pris en charge dans le poste de néo-natologie. Crédit : Mozaikrim / MLK

Avec le temps, et l’incertitude liée à la complexité du conflit au nord du Mali, le camp de réfugiés maliens de M’Berra est parti pour durer. Dans cette perspective, le centre de néonatologie mis en place par Médecins Sans Frontières dans le camp, fait office de véritable petite révolution sanitaire dans la vie sociale des « M’Berréens ». Et même pour la population locale. Reportage.

Dans le chantier de rénovation et d’agrandissement de la base de santé de MSF à M’Berra, médecins, infirmiers, se mélangent aux va-et-vient incessants des ouvriers. Dans cette semi-pagaille heureuse, le centre de néonatologie trône timidement dans un coin du centre. « Temporairement, le temps que les travaux se terminent » assure Dominique Kouadio, le référent du projet médical de MSF à M’Berra.

Une équipe de cinq personnes, appuyées par un médecin y œuvre. Pour des raisons sanitaires évidentes, liées à la fragilité des nouveaux nés traités dans cette structure, on se déchausse à l’entrée de la pièce, pour porter des sabots en plastique, désinfectés. On y trouve le docteur Jérôme Mupenda, médecin superviseur médical au centre de santé de M’Berra.

« Ici on se charge de l’enfant de sa naissance à son premier mois ; il s’agit notamment de cas prématurés, de fièvres persistantes, qui apparaissent souvent dans les cas d’accouchements à domicile. On a souvent aussi des nouveaux nés avec des problèmes d’asphyxie néonatale, et parfois de malformation. Nous leur fournissons les premiers secours » développe le docteur Mupenda.

Moment de têtée entre une mère et sa nouvelle-née au centre de santé de M'Berra. Crédit : Mozaikrim / MLK
Moment de têtée entre une mère et sa nouvelle-née au centre de santé de M'Berra. Crédit : Mozaikrim / MLK

« La plupart de ces pathologies proviennent du fait que les mamans sont souvent jeunes (moins de 19 ans – ndlr). A sa sortie, l’enfant est suivi par la maternité du centre de santé. Il y a au moins deux suivis qui sont effectués après la santé du centre, dans le cadre de consultations post-natales (CPoN) » appuie Fatimetou Wallet Brahim, infirmière matrone, en charge des CPoN et du planning familial. « Les visites sont obligatoires même sans des pathologies visibles, quand l’enfant sort de la maternité » continue la matrone.

Au second trimestre 2015, 354 personnes, dont 88 nouveaux nés sont passés par ce service inédit dans la région, de néo-natologie. « Cela représente près de 25% des admissions totales au centre de santé de M’Berra, en hospitalisation. C’est beaucoup, d’autant qu’on prend en charge les réfugiés mais également les autochtones de la zone » dit Dominique Kouadio. « Aujourd’hui, nous nous inscrivons dans la perspective de développer ce service pour le faire passer de 6 à 15 lits » assure le docteur Mupenda.

Une des infirmières de la néo-natologie au chevet d'un nouveau-né. Crédit : Mozaikrim / MLK
Une des infirmières de la néo-natologie au chevet d'un nouveau-né. Crédit : Mozaikrim / MLK

Fatima est dans le service, avec sa fille de deux semaines, Jemila, prématurée avec de légers soucis respiratoires, et qui est dans la couveuse du service, avec une assistance pour respirer. Si les traits de la maman sont légèrement tirés de fatigue et d’inquiétude, le sourire clair et franc qui se dessine sur ses lèvres relève un soulagement palpable, de voir et sentir son enfant pris en charge dans le service.

« Quand elle est née un mois plus tôt que prévu, et qu’elle respirait si difficilement, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, en imaginant le pire. Mais son état s’est amélioré graduellement quand on nous a admises ici. Je ne remercierai jamais assez cette chaleureuse équipe pour son engagement quotidien pour ma fille et tellement d’autres enfants » dit-elle visiblement émue, au moment où on lui tend son enfant pour la tétée.

Crédit : Mozaikrim / MLK

Crédit : Mozaikrim / MLK