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Mozaikrim

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SNIM : La faillite d’un pilier de l’économie mauritanienne

SNIM : La faillite d’un pilier de l’économie mauritanienne

SNIM : La faillite d’un pilier de l’économie mauritanienne

La méthode Coué de la SNIM a prévalu : clairement, cet ancien joyau de l’industrie mauritanienne est dans le mur. Double-victime de la guerre de l’offre, et de l’inconséquence de ses dirigeants, la SNIM est aujourd’hui en situation de « faillite structurelle ».

« Intégrer le top 5 mondial des exportateurs de minerai de fer à l'horizon 2025, avec une production annuelle de 40 millions de tonnes » annonce fièrement la SNIM sur son site officiel. chimère à laquelle plus personne, même la direction obtuse de la SNIM ne peut décemment plus croire, quand on voit le mur dans lequel il s’est auto-encastré.

Jointe au téléphone, la direction de la communication de la SNIM ne veut « faire aucun commentaire sur la baisse du prix du fer, et la façon dont elle pourrait impacter la croissance, et l’avenir de la SNIM » répond laconique une voix morne au téléphone, visiblement irrité par la question de la crédibilité d’une telle ambition du top 5 sur leur site web.

Au niveau des employés à Zouerate, "aucun signe de vie de la direction, en dehors du message Intranet qu'elle a diffusé" explique un des techniciens de la SNIM. Dans ce message, l'ADG dit avoir "été pris de court par la baisse du prix du minerai de fer". Un aveu d'incompétence au minimum, quand on sait que les tendances sont cycliques dans les industries extractives, et que lorsque ça marche la direction doit prévoir le moment où le cycle va baisser.Ce qui veut dire mettre des devises et une partie des bénéfices nets de côté. Ce qui n'a pas été fait. Autant pour les dizaines de millions d'euros dilapidés par le pouvoir, qui a financé avec l'argent frais de la SNIM des projets inutiles à court, moyen et long termes, comme le nouvel aéroport, et les avions de la MAI, entre autres.

Certes, comme le message de l'ADG de la SNIM, Mohamed Ould Abdallahi Ould Oudaa le dit, il faut baisser les coûts pour un meilleur prix de revient, mais, et c'est là que le bat blesse, c'est que le prix de revient se maintient en amont, quand les ressources sont là. "Les indemnités et les salaires des employés représentent à peine 5% des coûts de production. C'est ailleurs qu'il faut chercher à réduire les coûts. D'abord dans l'usage de l'argent, puis dans la sous-traitance de l'entretien des outils de production" explique un ancien haut cadre de la SNIM.

La SNIM entre guerre de l'offre et mauvaise gestion

La mise à mort des « petits producteurs » prévue par la guerre de l’offre menée par le trio oligopolistique (BHP, Vale et Rio Tinto) a fait une saignée dans les rangs des producteurs de fer. La SNIM aussi, est en passe de constater une faillite de fait, au-delà d’une « faillite structurelle qui remonte à un an » explique un ancien cadre de l’institution minière.

A la période notamment où la société espagnole Elecnor, en charge du chantier du nouveau siège de la SNIM en face de l'immeuble de la BMCI, pliait bagage, pour défaut de paiement pour continuer les travaux, arrêtés depuis. Un signal parmi d'autres de l'état de liquéfaction avancée de la SNIM, mourrante à cause d'un gouvernement imprévoyant, sans perspective, avec à sa tête un être englué dans l'orgueil et la déraison, quitte à brûler un pays entier, en sciant l'une des principales branches sur lesquelles il est assis.

Crédit : Banque Mondiale
Crédit : Banque Mondiale

Les trois géants du minerai de fer maintiennent donc leurs programmes de croissance accélérés malgré la chute des prix du fer. Ils estiment pouvoir éliminer leurs concurrents tout en maintenant un niveau élevé de profitabilité par une réduction drastique de leurs coûts de production. Par exemple, la production canadienne de minerai de fer de Rio Tinto a bondi au deuxième trimestre, malgré le recul des prix, ce qui a permis à l’entreprise de couvrir une partie de ses coûts fixes élevés.

Une hausse de la production globale qui continue de faire baisser le prix du fer, à un niveau que les structures comme la SNIM, n’ayant pas abaissé leur prix de revient, ne peuvent supporter : en juillet 2015, le prix du fer s'établit à 51,5 dollars la tonne, en baisse de 17,3% sur un mois et de 46,4% sur un an. Citigroupe estime que le prix se maintiendra sous les 40 dollars. Les géants miniers augmentent en effet leur production, malgré la baisse de la demande.

Autant pour les perspectives d’une direction de la SNIM, qui entre le personnel mis à dos à travers une des grèves les plus dures qui l’a touché cette année, un matériel (à plusieurs millions d’euros) de moins en moins bien entretenu, ne pourra pas baisser son prix de revient à court et moyen terme.