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Mozaikrim

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Kinross : Le système kleptocrate mauritanien en passe d’être mis à jour par les USA

Kinross : Le système kleptocrate mauritanien en passe d’être mis à jour par les USA

Tye Burt, qui a soutenu l'accord de rachat du Tasiast de Red Back Mining, a pris sur lui les échecs qui ont mené à la suspension de l’expansion de la société minière en Mauritanie. Crédit : Peter J. Thompson / National Post
Tye Burt, qui a soutenu l'accord de rachat du Tasiast de Red Back Mining, a pris sur lui les échecs qui ont mené à la suspension de l’expansion de la société minière en Mauritanie. Crédit : Peter J. Thompson / National Post

A peine quelques jours après la fin d’une opération de compression de personnel, qui raffermit la certitude que les choses ne s’améliorent pas à Kinross-Tasiast, un météore judiciaire qui confirme ce que le pays entier soupçonnait : Tasiast corrompt, et la tête de l’état mauritanien est corrompu.

C’est un secret de polichinelle ici qui devient une réalité juridique aux USA : Le gendarme américain de la Bourse, la SEC, vient de lancer une enquête contre Kinross, pour corruption en Mauritanie, mais également au Ghana, plus précisément pour des « paiements impropres faits à l’endroit de hauts responsables du gouvernement ». Une information largement relayée au Canada, notamment par le plus important média du pays, Globe and mail, mais également par le Wall Street Journal. Depuis le rachat de Tasiast par Kinross en 2010, c’est la première fois qu’une telle onde menace la société et les responsables mauritaniens (et ghanéens) en question.

« Le fait que les services d’enquête parmi les plus puissants au monde aient déclenché des investigations sur les liens frauduleux entre un des plus grands acteurs miniers et un clan présidentiel est sans précédent », pointe William Bourdon, président fondateur de l’association Sherpa, au journal français Le Monde.

Pour ceux évoluant même de loin dans le sillage de la société canadienne, ce n’est en rien une surprise : deux compressions de personnel sont intervenues ces deux dernières années au sein de Tasiast ; et comme par hasard, à chaque fois, les « fils et filles de » ont été épargnés, alors même que leur rôle au sein de la société n’est en rien primordiale, et alors même que certains d’entre eux n’ont même pas de diplôme ! Dès le départ les bacilles de l’état infectaient dans la structure, avec un Ould Tomy qui a toujours fait partie des éléments essentiels régissant l’opacité qui règne en Mauritanie dans les affaires, particulièrement dans le domaine minier.

Mozaikrim rappelait dans cet article la « malgouvernance ainsi que le tribalisme, et les liens entre Tasiast et l'état mauritanien » qui plombaient le réinvestissement des actifs de la société. On évoquait déjà la présence de l’ersatz du système Taya, qui est à toutes les sauces : Ould Tomy.

A l'aune de tout cela, les compressions de personnel qui apparaissent, ne sont plus seulement de l'ordre du cours d'or, mais bien de mal-gouvernance prolongée, avec les militaires mauritaniens qui ont une main-mise quasi-totale sur la gestion des affaires à Tasiast. Une des raisons parmi d'autres qui font que Kinross veut vendre ses actifs de Tasiast, en vain. "Personne ne veut investir en Mauritanie actuellement dans ce climat de racket organisé, institué auprès des compagnies étrangères. Allez demander à Total, BSA et d'autres comment l'état leur tord le bras. Tout gravite autour des généraux à Tasiast, et les potentiels acquéreurs le savent" raconte un ponte du ministère des mines qui a requis l'anonymat.

Selon le Wall Street Journal, les « citations à comparaître du SEC, demandent les rapports de communications et des paiements à des officiels et des entrepreneurs aux opérations de Kinross en Mauritanie et Ghana ». Après la réception des informations liées à cette enquête du SEC, en août 2013, Kinross a immédiatement embauché des avocats extérieurs pour conduire « une enquête interne objective pour vérifier la teneur des allégations » dit la société canadienne dans un communiqué officiel, continuant, en précisant « coopérer entièrement avec les autorités américaines ». 25 mois plus tard, sans grande surprise, "l’enquête interne n’a rien identifié" selon la société canadienne.