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Agro-pastoral mauritanien : Les fondations (d'un renouveau?) que pose le RIMRAP

Agro-pastoral mauritanien : Les fondations (d'un renouveau?) que pose le RIMRAP

Un éleveur de Wouro Khayré, au Guidimakha. Crédit : MLK/Mozaikrim
Un éleveur de Wouro Khayré, au Guidimakha. Crédit : MLK/Mozaikrim

Les partenaires au développement et les acteurs économiques locaux considèrent de plus en plus la perspective qu'aucun développement durable, et surtout qu'aucune vraie lutte contre la pauvreté ne se fera, sans un développement révolutionnaire du monde rural, et son économie. Le programme de Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP) fait partie de cette perspective en Mauritanie. Mercredi 16 novembre, une rencontre des différents acteurs du secteur agricole-alimentaire mauritanien a lieu dans les locaux de l'Union Européenne, en vue de présenter, et décliner ensemble, le plan de ce chantier de revivification économique du monde rural.

Il y a 3 semaines, la CNUCED présentait au monde entier son rapport 2015 pour les PMA, et suggérait fortement aux gouvernements de ces pays d'impulser des chantiers infrastructurels, en vue de diversifier l'économie de leurs mondes ruraux. Le prisme mauritano-européen va dans ce sens de placer également le développement économique du monde rural, comme la superstructure qui englobera toutes les initiatives de création d'emplois à venir, dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage notamment.

Financé sur le 11ème fonds européen de développement (FED), pour 25.000.000 euros, le RIMRAP prévoit un renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles des institutions étatiques et paraétatiques pertinentes. Le même renforcement est prévu pour les capacités des opérateurs agropastoraux dans les régions de l’Assaba, du Guidimakha, du Hodh El Gharbi, et du Hodh El Chargui. Enfin ce programme agropastoral, prévoit un développement et une diffusion des outils de connaissance, d'analyse et de partage des informations liés à l'agro-pastoralisme et la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

"Pour atteindre ces 3 objectifs, une synergie nouvelle est nécessaire, entre les autorités, les ONG et les acteurs économiques locaux, pour accroître la résilience alimentaire des populations rurales" affirme dans son discours, le secrétaire général du ministère de l'élevage, Moctar Fall.

Opinant en ce sens, le chef de la délégation de l'UE en Mauritanie, Jose-Antonio Sabadell, estime que "la création d'emplois est le but ultime de ce programme de réduction de la pauvreté. Dans le contexte mauritanien, l'agriculture et l'élevage ont un rôle primordial à jouer, avec un potentiel économique qui n'est pas encore totalement relâché".

Le chef de la délégation de l'UE en Mauritanie, Jose-Antonio Sabadell (g), et le SG du ministère de l'agriculture et de l'élevage, Moctar Sall (d). Crédit : MLK/Mozaikrim
Le chef de la délégation de l'UE en Mauritanie, Jose-Antonio Sabadell (g), et le SG du ministère de l'agriculture et de l'élevage, Moctar Sall (d). Crédit : MLK/Mozaikrim

En ce sens, il s'agit de "créer un cadre favorable pour renforcer les infrastructures à l'intérieur du pays, pour faciliter la création d'activités génératrices de revenus (AGR) en milieu rural. Il s'agit de créer un environnement propice à l'émergence d'emplois ruraux" explique Jean-Pierre Delavente, consultant pour l'UE, et animateur de l'atelier.

"Pour tenter de fonder un tel environnement, des projets porteurs seront impulsés dans l'agriculture et l'élevage, mais également en hydraulique, environnement, et dans le renforcement des institutions" développe Aly Fall, consultant spécialiste de l'agriculture et élevage.

Un projet, qui, s'il a sucscité quelques questionnements inquiets à la fin de sa présentation lors de l'atelier, de la part des présidents de fédérations agricoles, d'élevage, et même avicole, a fini par convaincre les acteurs de ces secteurs. "Pour le moment, l'aviculture est essentiellement concentrée à Nouakchott, et n'est pas développé en milieu rural. Un fait difficilement compréhensible, d'autant que la Mauritanie importe 25.000 tonnes de viande blanche, chaque année, avec seulement 4 tonnes produites localement, créant une filière de 8.000 emplois. Avec un environnement rural plus adapté, il semble très probable que la filière se développerait vite, autant en termes de production que d'emplois" affirme Abdallahi Ould Nabgha, président du groupement national des aviculteurs.

"L'agro-élevage est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté en Mauritanie, car d'essence, tout mauritanien est éleveur ou agriculteur, souvent même les deux" assure le président de la fédération des agriculteurs de Mauritanie, durant l'atelier.