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Mozaikrim

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5 ans de M'Berra : Le succès d'une coordination humanitaire

5 ans de M'Berra : Le succès d'une coordination humanitaire

3.000 réfugiés maliens se sont ajoutés les dernières semaines aux 42.876 recensés par le Haut Commissariat aux Réfugiés en Mauritanie. Une preuve que le camp est toujours vital pour les maliens insécurisés au nord, avec la spirale de violences politiques et terroristes qui perdurent. Cinq ans après son érection, l'ambassadeur japonais en Mauritanie y effectue une mission d'observation. L'occasion avec lui, ce 24 novembre à Nouakchott, de dresser le bilan d'une localité devenue aujourd'hui la 3ème plus peuplée en Mauritanie, et un système huilé de coordination humanitaire.

Distribution de vivres et cash dans l'un des centres du HCR à M'Berra, en août 2016. Crédit : Mozaikrim/MLK

Distribution de vivres et cash dans l'un des centres du HCR à M'Berra, en août 2016. Crédit : Mozaikrim/MLK

Le conflit malien qui éclate début 2012 fait fuir plus de 200.000 maliens. Près de 75.000 arrivent en Mauritanie et sont pris en charge par la coordination humanitaire, sous la supervision du HCR, au niveau du camp de M'Berra, à 15 kilomètres de Bassiknou. 5 ans plus tard, la satisfaction sur la gestion de cette crise est de mise. "Clairement, sans la coordination humanitaire, orchestrée par le HCR, nous aurions assisté à une catastrophe civile et sanitaire, après les violences au nord malien, qui ont déplacés des dizaines de milliers d'individus. L'effort financier global, japonais entre autres, est appréciable à ce titre" affirme Mohamed Mahmoud Ould Sidi, député de la moughataa de Bassiknou.

 

Une catastrophe évitée grâce à la coordination humanitaire certes, mais dont le financement a reposé sur une grande mobilisation de bailleurs internationaux, dont le gouvernement japonais. "Le Japon soutient la Mauritanie, par des partenriats avec les organes du Système des Nations-Unies, notamment le PAM, le HCR et l'OIM, dans les domaines de la gestion des frontières, l'aide alimentaires aux populations frontalières mauritaniennes les plus vulnérables, la résolution du problème des réfugiés maliens, et la lutte contre la radicalisation des jeunes" explique Hisatsugu Shimzu, ambassadeur japonais en Mauritanie. Une satisfaction partagée après la visite du camp de M'Berra et ses environs ce mois-ci.

 

La visite et l'inauguration du poste-frontière à Fassala Néré, mis en oeuvre avec les fonds du gouvernement du Japon, en collaboration avec l'OIM, a permis au diplomate japonais de s'assurer du "renforcement des capacités dans la lutte contre l'immigration clandestine, le crime organisé et le terrorisme en Mauritanie".

 

"La localité de Doueinkara où le poste est installé, a vu les populations vulnérables de cette zone, bénéficier de deux projets de stabilisation des communautés, également financés par le Japon."Ces projets devraient permettre d'accroître la résilience des ménages, à travers des moyens de subsistance plus diversifiés, à travers l'agro-pastoralisme entre autres" argue Anke Strauss, directrice de l'OIM en Mauritanie

Lors de la conférence de presse de compte-rendu de la visite de l'ambassadeur japonais à M'Berra. De gauche à droite : Jean-Michel Gentile, directeur du PAM, Mohamed Mahmoud Ould Sidi, député de la moughataa de Bassiknou, Hisatsugu Shimzu, ambassadeur japonais en Mauritanie, Anke Strauss directrice de l'OIM et François Renaud, directeur du HCR. Crédit : Mozaikrim/MLK

Lors de la conférence de presse de compte-rendu de la visite de l'ambassadeur japonais à M'Berra. De gauche à droite : Jean-Michel Gentile, directeur du PAM, Mohamed Mahmoud Ould Sidi, député de la moughataa de Bassiknou, Hisatsugu Shimzu, ambassadeur japonais en Mauritanie, Anke Strauss directrice de l'OIM et François Renaud, directeur du HCR. Crédit : Mozaikrim/MLK

Un nouvel afflux, les besoins pour 2017

"La situation sécuritaire au nord-Mali est toujours fragile, et le nouvel afflux de réfugiés (3000 en septembre-ndlr) au camp de M'Berra, excède largement les départs volontaires. L'inquiétude est là concernant la pression exercée sur les ressources limitées du Hodh El Charghi" souligne François Renaud, représentant adjoint du HCR en Mauritanie.

Une inquiétude en termes de ressources qui pourrait être palliée par les "31 millions de dollars dont nous avons besoin pour couvrir le déficit de financement des opérations humanitaires pour 2017" complète Jean-Michel Gentile, directeur du Programme Alimentaire Mondial, en charge des distribution mensuelles et générales à M'Berra. Un appel clair et direct en direction des bailleurs qui ont un peu oublié le conflit malien sur la carte humanitaire depuis 2 ans.