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Mozaikrim

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Institut Mariam Diallo : Genèse, vie et le souffle nouveau impulsé par la Ummah Charity

Institut Mariam Diallo : Genèse, vie et le souffle nouveau impulsé par la Ummah Charity

Depuis bientôt 50 ans que l'institut Mariam Diallo œuvre pour le bien-être et l'éducation des enfants orphelins en Mauritanie. Beaucoup craignaient un essoufflement après le décès d'une des rares, très rares Grandes Dames de Mauritanie; en rénovant l'institut de Mariam Diallo, et en s'engageant à la prise en charge des enfants de l'orphelinat, la Ummah Charity insuffle une énergie nouvelle à l'héritage moral et spirituel d'une dame qui a considéré tous les "quelques 900 enfants" passés par son centre, comme les siens.

Feue Mariam Diallo, entourée de ses enfants orphelins. Crédit : Institut Mariam Diallo/DR

Feue Mariam Diallo, entourée de ses enfants orphelins. Crédit : Institut Mariam Diallo/DR

GENESE - Dimanche 30 avril, l'inauguration de la réouverture prochaine de l'institut Mariam Diallo, qui marque la fin des travaux de rénovation et ameublement de l'un des emplacements historiques de la capitale mauritanienne. Un emplacement synonyme de générosité, d'abnégation et de sacrifices. Trois notions personnifiées en une seule femme réellement exceptionnelle (terme un peu galvaudé ces temps-ci) qui a fait sienne d'entretenir entre ses mains le feu de la santé et de l'avenir de tous les enfants passés par son institut.

 

Feue Mariem Diallo a été orpheline à l'âge de 11 ans. "Elle a été ensuite élevée par sa grand-mère maternelle qui lui a inculqué de hautes valeurs humaines" affirme son petit frère et coordinateur administratif de l'institut, Abdoul Diallo. Une grand-mère démunie, mais altière et digne à qui elle révèle cette promesse à Dieu : "Si Allah exauce mon voeu, je passerai ma vie à m'occuper des enfants !". Un voeu qu'elle n'a jamais précisé à personne, mais qu'on imagine exaucé, quand en 1968, alors mariée au gouverneur de Néma de l'époque, elle étend une aile du domicile pour recueillir une famille de 7 orphelins. L'embryon de l'orphelinat était né, avec un maître coranique pour l'éveil spirituel de ses nouveaux pupilles et de nouvelles chambres pour eux. "Les gens ont naturellement commencé à l'aider pour subvenir aux besoins de ses nouveaux enfants. C'est à son retour à Nouakchott en 1970 qu'elle formalise ce sacerdoce social en déposant une demande de récépissé, pour officialiser cet engagement de coeur et d'esprit" souligne son frère.

"Ummah Charity arrive de manière providentielle ! Leur générosité spontanée, avec un rare élan de solidarité, est un don d'Allah, sans exagération aucune !"

LE SOUFFLE DE LA UMMAH - Depuis cette officialisation, un peu moins de 900 enfants ont été accueillis, éduqués, et totalement pris en charge par Mariam Diallo, se dévouant corps et âme à ces anges abandonnés. Actuellement, 18 enfants vivent des soins prodigués par l'institut, transférés depuis bientôt 2 ans dans une maison du quartier de la Socogim Plage à Nouakchott. Un refuge temporaire en voie de prendre fin dans les jours qui viennent, avec la rénovation totale et entière de la maison historique de l'orphelinat Mariam Diallo. Un second souffle structurel rendu possible grâce à l'ONG internationale Ummah Charity : "Ummah Charity arrive de manière providentielle ! Leur générosité spontanée, avec un rare élan de solidarité, est un don d'Allah, sans exagération aucune !" dit enthousiaste l'administrateur de l'institut.

 

Un appui qui arrive dans une période difficile pour les 18 enfants dont l’institut s’occupe actuellement. « Leur logement à la Socogim plage n’est pas adapté pour un tel nombre d’enfants. Certains se retrouvent à 5 sur un matelas à même le sol, avec les moustiques, cafards et souris qui vont avec une telle vétusté, et manque d’entretien. D’autres, malades, restent des jours entiers sans consultation médicale, faute de moyens » précise une des gouvernantes des enfants.

 

Dorénavant, après un investissement de près de 14.000.000 d’ouguiyas, le foyer fondé et voulu pérenne par la Mère des enfants mauritaniens, Mariam Diallo, se voit remis entièrement à neuf, et un ameublement lui aussi étincelant, et surtout adapté au bien-être des enfants de l’institut. « Le plus facile est fait : la remise sur pied du centre, maintenant commence le plus difficile, suivre, éduquer, encadrer les enfants, comme l’a toujours voulu et fait Ya Rehmou Mariam Diallo » affirme un des émissaires de la Ummah Charity, venus spécialement à Nouakchott, pour l’inauguration de l’institut.

Durant l'anniversaire de l'un de ses enfants de l'institut. Crédit : Institut Mariam Diallo/DR

Durant l'anniversaire de l'un de ses enfants de l'institut. Crédit : Institut Mariam Diallo/DR

« Tout ce qu’elle a gagné comme biens, elle l’a donné aux autres. Je ne l’ai jamais vue acheter quelque chose pour elle-même, Wallahi jamais ! »

LA SAINTE MARIAM – Mariam Diallo avait des maisons en location qui couvraient jusqu'à 40% des besoins des enfants du centre. "Le reste des besoins majeurs étaient couverts par des donateurs privés, ou des ONG internationales; certaines comme le Fonds Luthérien Mondial, est un des premiers contributeurs du centre dans l'aide scolaire et le matériel de commodités pour les enfants" assure Abdoul Diallo.

 

Son chauffeur depuis 11 ans, jusqu'à son décès il y a deux ans, Alassane Thiam, est encore ému à l'évocation de sa mémoire. Il s'arrête à plusieurs reprises, reprenant son souffle pour parler de Mariam Diallo. "Beaucoup ne le savent pas mais elle s'occupait même d'enfants qui n'étaient pas dans le centre. C'était une sainte, dans le sens spirituel et même religieux du terme ! J'ose le dire !" martèle-t-il, en continuant avec cette anecdote, qui la décrit à ses yeux plus que tout : «Très souvent, j'ai dû arrêter la voiture, en l'accompagnant dans ses courses, pour qu’elle s’adresse à un charretier qu’elle voyait maltraiter son âne ; elle allait jusqu’à lui donner de l’argent pour qu’il cesse de battre l’âne ! quelqu’un qui a même pitié des animaux, à plus forte raison des enfants et des humains plus globalement, et ce quelque soit leurs origines... » dit-il la voix étranglée et soudain silencieuse.

 

Un cœur qui s’est tourné vers les enfants, les animaux, mais également d’autres causes, comme celle des handicapés aux dizaines d’entre eux pour qui elle a pu acquérir un pousse-pousse, aux quelques démunis des quartiers périphériques qu’elle a aidé à avoir un petit terrain et y construire une digne baraque. « Tout ce qu’elle a gagné comme biens, elle l’a donné aux autres. Je ne l’ai jamais vue acheter quelque chose pour elle-même, Wallahi jamais ! » jure Alassane Thiam, probablement l’être qui l’a vue dans le plus de circonstances différentes durant les 11 dernières années de sa vie. « Qu’Allah me pardonne, mais si cette femme n’est pas au Paradis, personne n’y entrera » termine-t-il la larme à l’œil.